600 millions USD de crédits à 2 millions d'exploitants

Les prêts ont augmenté de plus de 70 % depuis 2013, mais les PME agricoles sont confrontées à des défis et des risques permanents

Nairobi, Kenya - Les membres du Council on Smallholder Agricultural Finance (CSAF) ont annoncé aujourd'hui dans leur rapport "Year in Review" qu'ils ont accordé 597 millions de dollars de prêts à 672 petites et moyennes entreprises (PME) au cours de l'année 2015. Ce financement a contribué à alimenter un revenu annuel combiné estimé à 3,7 milliards de dollars parmi ces entreprises, qui relient plus de 2,1 millions de petits exploitants agricoles - dont plus d'un tiers sont des femmes - aux marchés nationaux et internationaux.

Le CSAF est une alliance de neuf prêteurs de premier plan axés sur l'impact qui répondent aux besoins de financement des entreprises agricoles piégées dans le "middle missing" - trop grandes pour la microfinance mais considérées comme trop petites et trop risquées par la plupart des banques commerciales. Ces entreprises ont généralement besoin de prêts allant de 100 000 à 3 millions de dollars. En ciblant les entreprises à fort impact qui s'approvisionnent en produits agricoles auprès de petits exploitants et créent des emplois dans les communautés rurales, les membres du CSAF cherchent à améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs, à transformer les économies agricoles et à promouvoir des pratiques agricoles qui préservent l'environnement.

Des coopératives de café au Pérou qui exportent vers les marchés mondiaux aux transformateurs de céréales au Kenya qui vendent des farines enrichies en nutriments aux consommateurs locaux, les membres du CSAF continuent de soutenir la croissance et le développement d'un marché financier diversifié pour les PME agricoles dans 66 pays.
En 2015, les prêts du CSAF ont représenté une augmentation de 5 % par rapport aux 566 millions de dollars de crédit déboursés à 651 entreprises en 2014, mais un ralentissement important par rapport à la croissance de 64 % en 2014 par rapport à une base de 354 millions de dollars en 2013, première année de collecte des données du CSAF. Ce ralentissement s'est produit alors que moins de nouvelles entreprises demandaient des prêts et que de nombreux emprunteurs existants avaient des difficultés à rembourser leurs prêts.

Les prêteurs ont noté qu'une série de défis liés à la production, aux prix et au marché contraignent le secteur. Plus précisément, l'année 2015 a été marquée par une baisse des prix de plusieurs produits agricoles de base ainsi que par une forte dépréciation des devises des marchés émergents. Les prêteurs ont également cité les pertes de récoltes dues à des maladies et à des événements climatiques extrêmes parmi les principaux facteurs qui ont affecté la croissance et la qualité de leurs portefeuilles. Ces chocs et tensions externes entravent la croissance et la rentabilité des entreprises agricoles et peuvent rapidement plonger encore plus profondément dans la pauvreté des communautés agricoles déjà vulnérables.

Le secteur mondial du café représentant environ la moitié du total des prêts, il a eu une influence significative sur les résultats globaux du CSAF. En 2015, malgré une forte croissance dans les principaux pays producteurs de café comme la Colombie, l'Indonésie et l'Ouganda, les prêts au secteur du café ont diminué de 12 %. Parmi les principaux facteurs, on peut citer la faiblesse des prix et les effets résiduels de l'épidémie de rouille des feuilles de café qui s'est déclarée en 2013/2014 en Amérique latine.
Toutefois, cette baisse des prêts au secteur du café a été compensée par une croissance de 27 % des autres cultures, les prêteurs continuant à se développer dans de nouvelles chaînes de valeur. Les prêteurs ont signalé une augmentation de 14 % des prêts aux entreprises du secteur du cacao, et les céréales, les noix, le quinoa et le riz ont été parmi les produits de base qui ont connu la croissance la plus rapide. Ces tendances de croissance et de risque, ainsi que d'autres, par culture et par zone géographique, sont examinées plus en détail dans le nouveau rapport du CSAF.
"Des marchés efficaces reposent sur l'information, mais les données agricoles sont souvent désordonnées et contradictoires, si elles existent", a déclaré Blaine Stephens, directeur général du MIX, qui fournit des données et des analyses pour promouvoir l'inclusion financière dans le monde entier et qui sert de partenaire de données pour le CSAF. "Ce manque d'information se traduit par une incertitude pour les investisseurs et limite en fin de compte l'efficacité des flux de capitaux".

Officiellement lancé en 2014, le CSAF est un forum permettant aux prêteurs agricoles de se réunir sur une base pré-concurrentielle et d'échanger leurs connaissances, d'identifier les meilleures pratiques et de développer des normes industrielles autour des pratiques de prêts responsables. Les membres et les affiliés comprennent : Alterfin, Global Partnerships, Incofin Investment Management, Oikocredit, Rabobank, responsAbility Investments AG, Root Capital, Shared Interest Society et Triodos Investment Management.

"Les membres du CSAF ont élargi leur portée de manière impressionnante au cours des dernières années", a commenté Dan Zook, directeur des investissements à l'Initiative for Smallholder Finance (ISF). "Mais les tendances des prêts en 2015 mettent également en évidence les défis du travail dans l'agriculture, où les forces du marché et du climat peuvent avoir un impact significatif sur les petits exploitants agricoles et les PME qui sont vulnérables au départ".

Une étude récente menée par l'ISF a révélé que les petits exploitants agricoles du monde entier ont besoin de plus de 200 milliards de dollars de financement - contre 60 milliards de dollars actuellement - pour développer leurs entreprises et améliorer leurs moyens de subsistance. Toutefois, sur la base de ses projections selon lesquelles le financement des petits exploitants n'augmentera que d'un modeste 7 % par an, l'ISF a noté que le secteur ne pourra pas combler ce fossé sans une augmentation des subventions intelligentes et des partenariats progressifs. Dans son rapport, le CSAF s'appuie sur ce cadre et propose des moyens spécifiques par lesquels les investisseurs, les donateurs, les prestataires de services financiers et d'autres peuvent soutenir la croissance, le développement et la stabilité continus du secteur.

Pour en savoir plus sur les opportunités et les défis associés au financement des petits exploitants agricoles, visitez le site du CSAF pour télécharger le rapport complet du bilan de l'année.

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