Pamela on the Toi-market

Les clients de Musoni mieux protégés (étude de cas)

Afin de mieux comprendre l’impact de notre partenaire IMF (Institution de Microfinance) kenyan Musoni sur ses bénéficiaires, Alterfin a suivi en août 2019 deux clients de l’institution qui travaillent sur le "marché Toi", à Nairobi, ainsi que deux commerçants qui ne sont pas clients de l’institution et qui exercent des activités similaires.

Le "Toi market" est un marché qui se situe près du bidonville de Kibera à Nairobi. Il abrite de nombreux étals spécialisés dans la vente de vêtements de seconde main, d’objets anciens ou de produits frais. Les commerçants y sont hélas victimes de feux réguliers qui se propagent rapidement et embrasent le marché en raison de la promiscuité des magasins. En mars 2019, un feu important a détruit un grand nombre d’étals du marché, ce qui a engendré des dégâts supérieurs à des dizaines de milliers d’euros et a détruit les échoppes et les stocks de centaines de commerçants.

Musoni est une IMF, partenaire d'Alterfin qui finance de nombreux micro-entrepreneurs établis au marché Toi. Ces commerçants souscrivent des prêts principalement pour constituer leurs stocks. Contrairement à beaucoup d’acteurs en microfinance soutenant des clients au marché Toi, Musoni assure tous ses prêts. Ainsi, quand ses clients sont victimes d’un feu, ils n’ont pas à rembourser l’emprunt en cours. De plus, ils en reçoivent un nouveau pour reconstituer leur stock ainsi qu’un dédommagement en liquide pour couvrir leurs besoins immédiats.

Defence et Pamela

Defence - Musoni

Pamela - Musoni

Dans le marché Toi, Defence et Pamela vendent des petits poissons dénommés "Omena" qui sont très prisés des Kenyans. Ils achètent ce poisson chez le même intermédiaire. Le stand de Defence, qui est client de Musoni, est situé à 10 mètres sur la même allée de celui de Pamela. Dans l'incendie de mars dernier, ces deux vendeurs ont perdu la totalité de leur stock et, par conséquent, de leur revenu.

A la suite du feu, le prêt de Defence a été pris en charge par l’assurance de Musoni. De plus, comme Musoni a envoyé tout de suite ses agents afin d’évaluer la situation de ses clients, il a obtenu immédiatement un nouveau crédit pour reprendre son activité. Il met en avant que "contrairement aux autres institutions", Musoni "vient sur le terrain, répond au téléphone et aux mails". Ainsi, on ne se sent pas "livrés à nous- même" et on voit "qu’ils tiennent à nous". Six mois après l’incident, il a renouvelé 70% de son stock et il estime son revenu net à 60% de son revenu de février 2019. Defence a cependant suggéré que Musoni pourrait aussi "assurer son stock et pas uniquement son prêt". Après qu’Alterfin ait mentionné ce besoin à Musoni, ils ont accéléré la création d’un nouveau produit d’assurance pour le stock de leurs clients.

Au moment du feu, Pamela n’avait quant à elle pas de crédit. Lorsqu’elle a vu "l’efficacité avec laquelle Defence a été soutenu par Musoni", elle a décidé de se tourner vers eux pour souscrire un emprunt afin de se reconstituer un stock et reprendre son activité. Elle estime qu’elle a récupéré 40% de son stock et 50% de son revenu initial. Le fait que son stock soit moindre par rapport à Defence est lié au fait que celui-ci a obtenu son prêt immédiatement car il faisait déjà partie des clients de Musoni qui avaient été déclarés en situation d’urgence.

Julie et Anthony

Musoni - Julie Musoni - Anthony

Julie et Anthony vendent des vêtements de seconde main à 20 mètres l’un de l’autre. Julie est cliente de Musoni contrairement à Anthony. Tous les vêtements que Julie et Anthony possédaient dans leurs magasins ont été brûlés lors de l’incendie de mars 2019. Comme Defence, Julie a vu son crédit en cours chez Musoni pris en charge par l’assurance et elle a immédiatement obtenu un nouveau prêt pour acheter d’autres vêtements. Elle a ainsi réussi à reconstituer 50% de son stock initial et son revenu net correspond actuellement à 50% de son revenu de février 2019. Elle pense que, dans 4 mois, elle sera en mesure de présenter un choix de vêtements identique à celui d’avant l’incendie.

Pour faire face au feu, Anthony a utilisé son épargne et a souscrit un prêt chez une institution de microfinance concurrente. Il a actuellement récupéré 20% de son stock et 5% de son revenu initial. Le nouvel emprunt qu’il a contracté n’est pas assuré et, comme il a “déjà utilisé toute son épargne pour faire face au choc de mars”, il serait "incapable de continuer en cas de nouvel incident". Après discussion, il a en outre réalisé que les intérêts sur son crédit étaient plus élevés que chez Musoni. De plus, il n’a pas été autorisé à emprunter un montant aussi élevé qu’il aurait pu chez Musoni. Il ne connaissait pas Musoni et il déclare "si j’avais su, je me serais tourné vers Musoni !".

Alterfin-Musoni: un partenariat justifié

Cette étude de cas justifie le choix d’Alterfin de travailler avec Musoni ; Alterfin souhaite en effet s’engager auprès d’institutions qui soutiennent leurs clients vulnérables en cas de difficultés ou de chocs externes qui pourraient les précipiter dans une précarité plus grande. Rappelons que la dimension sociale des institutions est au centre de nos préoccupations. Par conséquent, l’écoute et la proximité de Musoni avec ses clients est un facteur important qui motive notre partenariat depuis 2014.

Musoni, une IMF kenyane

Fondée en 2010, Musoni est une institution de microfinance kenyane qui cible des individus aux faibles revenus ayant peu accès aux services financiers. L’institution sert plus de 37.000 clients à travers ses 14 branches. Ses clients sont majoritairement des micro-entrepreneurs qui résident en zone rurale (69%), près d'un tiers étant de petits agriculteurs. Musoni a adopté des technologies de pointe, ce qui en fait une figure singulière dans le secteur de la microfinance car elle opère sans monnaie liquide ni papier et a réalisé une transformation digitale réussie. Alterfin accompagne Musoni depuis 2014.

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