CPC au Laos

Notre Webinar d'octobre en replay et ses questions et réponses

Notre Webinar sur le thème de la certification fairtrade s'est bien déroulé le 13 octobre. Durant cet événement, nous y avons fait la lumière sur les différentes certifications et labels sur lesquels bon nombre d’entre vous se demandaient ce que ces reconnaissances pouvaient concrètement signifier. Nous vous avons ensuite apporté l’illustration vivante de leurs impacts par la rencontre exceptionnelle avec l’un de nos partenaires proposant dans nos pays du café certifié fairtrade et BIO : la Coopérative de producteurs de café du Plateau des Bolaven (CPC) du Laos.

NOTRE WEBINAR EN REPLAY :

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QUESTIONS ET RÉPONSES POSÉES LORS DE L'ÉVÈNEMENT :

Certifications @Alterfin

- Est-ce que la certification SPP (Symbole des Producteurs Paysans) impose un prix minimum ou prix plancher ?

La réponse est très claire et en fait très simple : oui. SPP est en fait une forme plus stricte de fairtrade, de commerce équitable. Comme le prix minimum existe dans le commerce équitable, dans le fairtrade, il existe également dans les SPP.

- Comment le commerce équitable peut-il garantir un prix minimum si l’offre est supérieure à la demande ? Quelle stratégie de vente a été mise en place ? 

Le commerce équitable en soi n'achète pas de produits, le label Commerce Équitable fixe les normes et détermine les règles du jeu, si l'on peut s'exprimer ainsi. Et donc, tous ceux qui veulent acheter des produits du commerce équitable avec le label, doivent respecter toutes les règles, et donc aussi payer le prix minimum. Si l'acheteur ne veut pas ou ne peut pas payer le prix minimum, il ne peut pas acheter de produits du commerce équitable, c'est aussi simple que cela. Ainsi, le commerce équitable peut effectivement garantir ce prix minimum.

- Quels produits du commerce équitable ont réussi à s'imposer sur les marchés ?

Il y a 3 produits phares du commerce équitable : la banane, le cacao et le café.
Voici les informations concernant la part de marché en Belgique de ces 3 produits pour 2020 :

  • Part de marché de bananes commerce équitable: 21,5%
  • Part de marché de café commerce équitable : 3,1%
  • Part de marché de cacao commerce équitable : 8,5%

Source : rapport annuel Fairtrade Belgium

Outre les trois produits principaux, il existe toute une gamme d'autres produits issus du commerce équitable comme : les fleurs, le sucre, le coton, les glaces, le vin, les fruits secs, le thé, les jus, etc. Pour un aperçu complet de la gamme, consultez le catalogue Fairtrade Foodservice.

- Une organisation certifiée BIO/Commerce Équitable paie pour être labellisée et parallèlement reçoit des primes : est-ce bien correct ?

D’un côté il y a un coût, il faut en effet payer pour être labellisé ; et d’autre part il y a une prime qui est générée. Mais on arrive à obtenir un meilleur prix en vendant sur ces marchés-là, avec les labels. Souvent, une partie de la prime est utilisée pour payer les frais liés à la certification.

- Quand on parle de 3% des ventes totales de café véritablement issues du commerce équitable, cela concerne-t-il uniquement la Belgique ?

Au sujet du commerce équitable en Belgique en 2020 : seuls 3% des ventes totales de café sont véritablement issues du commerce équitable. Ce qui signifie qu’il existe encore un énorme potentiel de croissance dans le commerce équitable en Belgique. Dans le domaine du cacao et du chocolat, nous nous situons un peu plus loin, avec une part de marché de 8,5% en 2020. Le potentiel de croissance est donc énorme. Plus nous achetons des produits équitables en tant que consommateurs, plus la demande sera élevée auprès de nos partenaires du Sud.

- La vente de café sous forme de capsules prêtes à l'emploi (Dolce Gusto, Nespresso, etc.) se développe. N'y a-t-il pas de marché pour le commerce équitable dans ce secteur ?

Il s'agit en effet d'un secteur en pleine croissance qui reste très petit par rapport aux autres, avec une part de 7% du total du café équitable. En 2020, ce secteur, comme bien d'autres, a diminué suite à la COVID-19 et à la fermeture obligatoire de l'Horeca et des entreprises où la plupart du café équitable est vendu. Cependant, le secteur montre une évolution positive avec une augmentation de +13%, grâce à l'évolution des pads & caps qui coûtent plus chers à l'unité.

Questions relatives à notre partenaire la Coopérative de producteurs de café du Plateau des Bolaven (CPC)

- Où puis-je acheter le café de CPC en Belgique ?

Le café de CPC en Belgique est commercialisé par Rombouts. Vous pouvez donc l’acheter dans les supermarchés, sous leurs produits qui portent bien sûr le label du commerce équitable et biologique. Ce café est mélangé avec d'autres origines. Le café d’origine unique est commercialisé en France par Malongo et au Royaume-Uni. Si vous désirez acheter le café de CPC non mixé avec d’autres origines, vous pouvez le faire sur le site de Malongo :
www.malongo.com/boutique/fr/89-cafe-grains-bio-equitable-laos.html
www.malongo.com/boutique/fr/11-cafe-moulu-bio-equitable-laos.html

- CPC attire-t-elle de nouveaux membres producteurs de café ?

Oui, bien sûr. La CPC désire toujours accroître le nombre de ses membres, pour le bénéfice de tous les producteurs de café du Plateau Bolaven. Mais pour certains producteurs, il est très difficile d’obtenir à la fois la certification fairtrade et bio. En effet, il faut généralement 3 ans pour obtenir la certification bio. Donc, pour attirer de nouveaux membres, CPC vend le café en tant que fairtrade et par la suite, une fois passé ce délai de 3 ans, pourra y rajouter la certification bio. Cela a aidé à augmenter le nombre de membres et de villages désirant travailler avec la coopérative.

- Est-ce que la coopérative aide et conseille les membres au niveau de leurs cultures ? Le café est important mais les membres de CPC peuvent aussi préférer plus de diversification ?

Il faut savoir que la plupart des gens cultivent le café pour vivre. Par exemple, ils ne cultivent pas de riz sur les Bolaven mais du café et quelques légumes. Ce que CPC fait, c'est promouvoir le système agro-forestier qui permettra à ses agriculteurs de cultiver à la fois du café et d'autres cultures, générant des revenus supplémentaires, en particulier avec des arbres d'ombrage, nécessaires pour les caféiers, comme l'avocat et le bananier.

- Est-ce que le français est encore parlé et étudié au Laos ?

Oui, le français est toujours parlé et étudié par une partie de la population mais apparemment plus comme auparavant.

- Y a-t-il une production destinée au marché intérieur ?

La grande majorité du café est effectivement vendue sur le marché d'exportation comme étant équitable et biologique. Une partie de la production est également vendue localement, après torréfaction, dans de petits magasins et supermarchés.

- Y a-t-il eu un impact de la Covid sur CPC et plus généralement au Laos ?

Comme beaucoup de pays asiatiques, les règles concernant le Covid sont assez strictes. Ils recherchent le cas zéro. Ainsi, au Laos, toutes les frontières sont fermées depuis plus d'un an déjà. Etant dans un pays enclavé, CPC doit apporter tous les conteneurs pour exporter le café depuis la Thaïlande en passant par le port de Bangkok. Faire venir des chauffeurs Thai au Laos, l’achat de tests Covid, sont donc des frais supplémentaires.

L'année dernière, le gouvernement laotien a très bien géré la situation du Covid, avec pratiquement aucun cas pendant un an et demi. L'épidémie est apparue il y a quelques mois, et ils ont mis en place des restrictions et des confinements très stricts. Le Laos est maintenant toujours sous confinement, mais CPC peut poursuivre ses activités. Comme il est plus compliqué d'atteindre les villages, WhatsApp permet les réunions digitales. Nous avons notamment organisé notre dernière Assemblée Générale en ligne.

- La demande pour votre café certifié est-elle assez grande ou avez-vous dû vendre une partie de votre café comme non certifié ?

La demande de café certifié à CPC est satisfaisante. Au cours de la dernière saison 2019-2020, CPC a vendu 96,3% du café sur le marché de l'exportation, dont la plupart a été vendu en tant que fairtrade et bio (87,8%). La partie restante en tant que fairtrade uniquement (cette dernière concerne les agriculteurs dont les exploitations de café sont en cours de conversion du conventionnel au biologique). Les 3,7% de café restants sont vendus sur le marché local comme café torréfié conventionnel.

- Quelle stratégie de vente a été mise en place, compte-tenu des techniques de vente de plus en plus agressives des grandes enseignes en Belgique comme ailleurs dans l'UE ? 

CPC veut vendre autant que possible sur le marché du commerce équitable / bio, car elle obtient un prix plus élevé. Et ils réussissent à vendre la majorité de leur café sur ce marché (87,8%).

En fait, la CPC, dans l’ensemble, n’a pas à recourir à une stratégie de vente agressive pour obtenir une place sur le marché, puisque ses acheteurs sont très loyaux et qu’ils cherchent plutôt à acheter des volumes plus élevés. Dès lors, il ne devrait pas être difficile pour la coopérative de vendre plus en cas d'augmentation de sa production.

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