Le 'fruit du paradis' financé par Alterfin

beni ghrebDans la tradition musulmane, la datte est considérée, grâce à ses nombreuses vertus nutritionnelles, comme le fruit du paradis. La datte n'est pas seulement bonne pour la santé, mais crée aussi des emplois dans les régions plus arides et les plus pauvres de la Tunisie. Alterfin finance pour la première fois ce produit 'miracle'. Il s'agit également du premier investissement pour Alterfin en Tunisie. Voyage aux portes du Sahara pour découvrir une oasis dans le Jardin d'éden.

'Palme d'or' de durabilité

A Hazoua, dans le sud-ouest de la Tunisie, les dattes sont cultivées dans des systèmes agricoles d'oasis. Il s'agit de zones dans le désert mises en valeur grâce à la présence d'eau à proximité. Le système est basé sur l'utilisation d'une agriculture étagée extrêmement productive et en ligne avec les pratiques « agro-écologiques ». Ce système agricole millénaire a permis à des communautés villageoises de s'installer et de prospérer en plein désert, malgré les faibles surfaces cultivables.

L'oasis de Hazoua a été créée dans les années 1960 par le gouvernement tunisien en vue de sédentariser les Bédouins de la région, jusqu'alors éleveurs nomades. Ceci ayant pour but de leur permettre d'avoir accès aux services publics de base (éducation, santé). Aujourd'hui Hazoua compte environ 1.000 hectares de palmiers dattiers.

Les palmeraies sont divisées en parcelles d'un hectare et chaque parcelle est attribuée à une famille qui en devient propriétaire. La parcelle est aménagée avec des systèmes d'irrigation alimentés par un système de pompage géré collectivement et la gestion de l'irrigation est égalitaire.

Une parcelle compte 120 à 150 palmiers dattiers et représente la première source de revenu pour le ménage. Un hectare de palmiers dattiers rapporte au ménage un revenu annuel net entre 3.500 et 10.000 euros.

Les palmiers dattiers jouent un rôle d'ombrage très important. Ils créent un microclimat dans l'oasis, limitant l'évaporation de l'eau et permettant la mise en place de cultures associées. Les feuilles des palmes offrent également une grande quantité de matière organique pouvant être intégrées dans un compost pour fertiliser le sol.

En plus des palmiers, chaque parcelle compte également 40 à 60 arbres fruitiers d'une très grande variété : citronniers, orangers, figuiers, abricotiers, grenadiers, oliviers, pommiers, vignes, etc. La production est principalement autoconsommée, jouant ainsi un rôle non négligeable pour l'alimentation du ménage.

Des cultures fourragères (avoine, luzerne, graminées locales) sont également présentes sur chaque parcelle pour alimenter le bétail l'été lorsque les troupeaux de chameaux, de chèvres et de moutons ne trouvent plus à se nourrir dans le désert.

Enfin, de petites surfaces peuvent également être utilisées pour le maraîchage (tomates, carottes, oignons, etc.) et on trouve sur les parcelles des plantes ornementales (roses, jasmin), médicinales et cosmétiques (aloe vera, henné). Il s'agit donc d'un écosystème complet et extrêmement productif.

Beni Ghreb: oasis pionnière et sociale

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Les dattes biologiques de l'oasis de Hazoua sont conditionnées et exportées par l'entreprise Beni Ghreb. Celle-ci achète la totalité de sa production à un groupement d'agriculteurs certifiés bio et/ou commerce équitable. La société a été créée en 2002 sur une vision sociale et environnementale forte en vue de contribuer au développement économique et social du village d'Hazoua.

Beni Ghreb fait office de pionnière de l'agriculture durable. Les dattes sont les premières certifiées biologiques en Tunisie. En 2004, elle est également devenue la première structure productrice de dattes certifiées 'commerce équitable' dans le monde. Enfin, elle est également la première structure tunisienne certifiée FLO.

La société a fortement contribué au développement des techniques agronomiques biologiques dans la culture des dattes. Elle est également à la pointe en matière d'utilisation de l'eau d'irrigation de façon efficace dans l'oasis d'Hazoua.

Beni Ghreb est un pourvoyeur d'emplois important dans la région, notamment pour les femmes, traditionnellement cantonnées aux travaux domestiques. Les producteurs de dattes bénéficient d'une série d'avantages en vendant leur récolte à Beni Ghreb : appui dans l'obtention des certifications (formations, contrôles), prix supérieur de 30% à 50% par rapport au marché conventionnel, prime 'commerce équitable' et amélioration des pratiques agricoles avec l'aide d'experts internationaux.

Alterfin a octroyé son premier prêt à Beni Ghreb afin de préfinancer la récolte de 2018 et compte ainsi encore un partenaire socialement et environnementalement 'paradisiaque'.

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De nombreuses femmes trouvent pour la première fois un emploi au sein de Beni Greb

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