Témoignage : Des mines aux mangues grâce aux microcrédits

Ma Thi Thi Cho est une cliente de Proximity Finance, une institution de microfinance (IMF) au Myanmar, dont 95% des clients vivent en zone rurale. En 2018, Alterfin a octroyé un premier prêt à Proximity Finance afin d'atteindre davantage de personnes qui ont besoin des services de l'IMF.

Des débuts difficiles

Les débuts de la vie conjugale de Ma Thi Thi Cho et son mari U Phoe Htaw n'ont pas été roses. Ils vivaient dans une petite maison en bambou au toit de chaume et les quelques revenus qu'ils percevaient de travaux agricoles saisonniers ne suffisaient pas pour subvenir aux besoins de la jeune famille.

U Phoe Htaw est alors parti travailler dans les mines de jade de Hpakant à des centaines de kilomètres au nord du pays. Cette région, appelée le 'wild wild east', a une mauvaise réputation et des conditions de travail désastreuses.

Vendre à rabais

Au fil des années, Ma Thi Thi Cho a acheté un terrain de 2,5 hectares avec l'argent que son mari lui envoyait. Une première victoire pour le jeune couple. Il lui fallait maintenant trouver des capitaux pour financer son travail, les semences de maïs et les engrais. Avec peu d'options à sa portée, Ma Thi Thi Cho s'est tournée vers des intermédiaires locaux qui ont accepté de lui prêter de l'argent à condition de leur vendre sa production à un prix bien inférieur aux prix du marché.

« Je devais emprunter au moins 1 million de kyat (580 euros) par saison à ces créanciers », se souvient Ma Thi Thi Cho. « C'était déjà difficile de faire croître ma production agricole, je devais en plus travailler dur pour rembourser l'argent emprunté.»

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La microfinance comme solution

C'est alors que les gestionnaires de crédits de Proximity Finance sont arrivés dans la région éloignée et difficile d'accès où habite Ma Thi Thi Cho. Sur environ 160 ménages du village, la moitié a pris un prêt chez Proximity Finance.

Avec les microcrédits de 250 000 kyat (145 euros) par saison à un taux d'intérêt inférieur, Ma Thi Thi Cho a pu rembourser les intermédiaires. De plus, elle peut vendre sa production à des intermédiaires à des prix plus élevés.

Grâce à sa récolte de 8,2 tonnes de maïs, combinée au salaire de son mari, Ma Thi Thi Cho a acheté 2 hectares de champs de maïs supplémentaires et 1,5 hectare de rizières. Pour la récolte suitvante, Ma Thi Thi Cho a acheté plus de semences et d'engrais et a réussi à doubler son rendement. Plutôt que de vendre sa récolte en une fois, elle l'a stockée pour la vendre quand la demande serait la plus forte. De fil en aiguille, elle s'est acheté une moto pour ses déplacements, deux buffles pour la production de riz, un tracteur et du matériel pour rénover sa maison.

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Ma Thi Thi Cho raconte comment les microcrédits de Proximity Finance ont transformé sa vie.

Un avenir rempli d'aspirations

Aujourd'hui, Ma Thi Thi Cho a commencé à planter des manguiers dans les champs de maïs. Le travail ne manque pas et son mari est donc rentré au domicile.

«Ma fille a huit ans et mon fils en a cinq. Nous avons besoin d'une maison plus grande et plus chaude, alors je prévois de rénover notre maison l'année prochaine » nous confie-t-elle.

Au village, il n'y a qu'une école secondaire. Pour étudier, il faut envoyer les jeunes dans la ville, ce qui est coûteux. Pour Ma Thi Thi Cho la décision est déjà prise: «Les mangues seront prêtes à être récoltées dans six ou sept ans, à peu près au même moment où ma fille passera ses examens d'entrée pour l'université. Nous allons l'envoyer étudier ».

Au total, Proximity Finance octroie des prêts à 188.000 clients au Myanmar. Tout comme Ma Thi Thi Cho, ils peuvent ainsi se construire un meilleur avenir, pas à pas, crédit par crédit.

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Propos de Ma Thi Thi Cho recueillis par Proximity Finance.

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