Musoni au Kenya: Quand le microcrédit devient mobile

Comment accéder à des crédits quand on habite dans des zones reculées du pays où aucune institution de microfinance (IMF) ne souhaite installer
d’agence pour cause de coûts trop élevés ? Et si on habite en zone urbaine, comment éviter les longues files dans une banque pour finalement entendre qu’on est considéré comme pas solvable ou qu’il faudra revenir avec des documents supplémentaires? Existe-t-il un moyen de faciliter l’accès au crédit à ces personnes qui ont besoin de moyens financiers pour se construire un meilleur avenir ?

Musoni, une IMF créée en 2010 au Kenya, a la réponse à toutes ces questions. L’IMF propose à ses clients des services bancaires mobiles. Les clients peuvent recevoir et rembourser leurs microcrédits via les touches de leur portable. « Les avantages de ce système sont nombreux. » nous explique James Onyutta, directeur de l’IMF. « Grâce au service bancaire mobile, les frais administratifs sont fortement réduits et le fonctionnement d’une agence est moins coûteuse, nous sommes également parmi les plus rapides à débourser et les transactions sont plus sécurisées. C’est également un gagne-temps pour nos gestionnaires de crédits qui perdent moins de temps dans les déplacements et peuvent passer plus de
temps avec les clients ». Ces derniers sont également fortement avantagés du système. Nous avons rencontré trois clients de l’IMF pour connaître leur expérience avec l’IMF et ses services innovants. Alterfin finance Musoni depuis août 2014 en tandem avec Fefisol (voir p. 13) avec un prêt commun d’environ 500.000 euros.

Témoignages de clients de l'IMF

Avec quatre microcrédits à son actif, Richard Mbevi est désormais un client régulier de l’IMF. « Je tiens un magasin et je fais aussi des services de transport avec ma moto (appelé ‘boda boda’ au Kenya). Je suis marié et j’ai trois enfants. Souvent, je devais fermer mon magasin pour me rendre
dans une banque mais aucune ne m’accordait de prêt. J’ai finalement reçu mon premier crédit de 30.000 shillings kényans (environ 290 euros) de Musoni. J’ai toujours bien remboursé mes prêts et mon dernier crédit est de 140.000 shillings (environ 1.350 euros). Grâce aux crédits, j’ai développé mon activité, mes enfants vont à l’école et je construis ma propre maison. Le service mobile m’évite de nombreux déplacements, ça me fait gagner beaucoup de temps!».


Priscilla Wanjiku Ndirangu est également cliente de Musoni. A 32 ans, cette mère de deux enfants a reçu un premier prêt de 120.000 shillings kényans (environ 1.165 euros) pour financer son entreprise de volaille. « Avec ce prêt, j’ai acheté des poussins et je me suis approvisionnée en alimentations pour les animaux. J’ai aussi commencé la construction d’une structure annexe et j’espère recevoir une nouveau crédit de Musoni pour l’achever ». Priscilla a réussi à se développer un revenu stable et peut compter sur Musoni pour réaliser ses futures ambitions.


Enfin, George Irungu Karuiki est propriétaire d’une école secondaire et lui aussi client de l’IMF. Il a reçu son premier crédit en décembre 2013 et a depuis reçu un second prêt de 400.000 shillings (environ 3.850 euros). Avec ces deux prêts, il a acheté du matériel de laboratoire pour l’école ainsi qu’un véhicule. « La qualité de l’éducation en a été amélioré », nous explique George, « les élèves comprennent mieux les cours de sciences grâce aux exercices pratiques et le transport vers et depuis l’école leur est facilité. Grâce au service mobile de Musoni, je peux effectuer des paiements
depuis l’école. C’est beaucoup plus facile et moins contraignant d’un point de vue administratif. »

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