Témoignage d'Alec de Selliers de Moranville

Monsieur Alec de Selliers de Moranville, un de nos plus fervents coopérateurs nous a fait l’honneur de sa visite en nos bureaux bruxellois avant le confinement.

Issu du milieu bancaire classique, Alec de Selliers se définit avant tout par sa sagacité et son œil averti sur le monde et les problématiques actuelles qui le secoue.

Cela fait maintenant des années que cet homme tente à son échelle et en toute humilité, par ses actions, sa vie et son indéfectible engagement de renverser la vapeur de l’hyperconsumérisme dans lequel notre monde s’engouffre inexorablement.

Pour lui, tout est lié

Notre consommation dans les pays industrialisés appelle à toujours plus de monocultures dans des pays originellement poumons et foyers de multiples richesses terrestres. Loin de se désoler, il a courageusement pris son bâton de pèlerin et a vécu de nombreuses années au Nicaragua. Cet homme, porté par ses idéaux et sa simple volonté a voulu se rendre au plus près des petits producteurs, tenté de mettre en place des systèmes de cultures en adéquation avec le biotope et ainsi qu’éduquer les populations locales à des cultures respectueuses de l’environnement local dans leur biodiversité.

Sa démarche ne s’arrête pas là

Conscient que la problématique est intimement connectée à notre système économique, il investit depuis des années dans des systèmes d'investissements de microfinance durables éthiques et humains tels qu'Alterfin.
Notre belle histoire avec Monsieur de Selliers a aujourd'hui plus de 18 ans et cette relation est le reflet du combat que nous menons main dans la main avec chacun de nos coopérateurs !
C'est en effet, grâce à votre soutien que nous aidons aujourd'hui plus de 92 000 producteurs en Amérique Latine, Afrique et Asie et subvenons ainsi aux besoins de plus de
3 700 000 familles de travailleurs et petits producteurs !

L'interview

"Je pense avoir entendu parler d’Alterfin en 2002.
J’ai lu l’information, j’ai regardé le bilan. Travaillant en banque c’est un réflexe. J’ai trouvé que c’était un bon projet qui avait du sens.
J’ai très rapidement participé aux premières AG. Je suis allé voir les gens, ai parlé avec le directeur.

Ce qui m’a séduit dans le projet de la coopérative c’est qu’Alterfin remplit une fonction essentielle qui est celle de permettre à des gens qui ne pourraient pas avoir accès à du capital, à disposer d’un petit capital qui leur permette de démarrer une activité leur permettant de vivre.

C’est aussi simple que cela mais c’est essentiel.

Quand on commence à lire des rapports qui ne sont pas simplement financiers et que vous ouvrez un peu vos horizons, vous vous rendez compte qu’il y a un monde énorme à côté de cette petite frange de gens qui chipotent avec l’argent.
Je trouvais que les gens qui travaillaient pour Alterfin étaient des idéalistes et faisaient quelque chose qui leur permettaient aussi de se nourrir.
Bien au-delà, cela fait partie d’une modification profonde. Mais le problème c’est la vitesse et l’échelle.
Ce qui est très important c’est que le système de microfinance permet d'élever le niveau de vie de toute une série de gens.
Un des grands problèmes, bien entendu, est l’éducation : pas celle de savoir comment faire des bilans mais simplement gérer son petit commerce pour qu’on puisse survivre.

La grosse difficulté est que les grands criminels internationaux, ces grands fonds qui rachètent des terres en Afrique et ailleurs pour faire des plantations de monocultures, peuvent corrompre les gouvernements.

Alterfin permet aux populations de survivre et de se nourrir. Alterfin a un rôle très important. Malheureusement, face à vous, les démolisseurs sont beaucoup plus importants. Je me souviens avoir lu que dans un pays d’Afrique, un fonds, dont la famille Bush avait des actions, voulait racheter 68 hectares pour faire une plantation d’huile de palme.

Heureusement, il y a une certaine prise de conscience de l’épouvantable destruction qu’entraîne les plantations industrielles.

Je n’ai rien contre la plantation si elle est faite de manière intelligente en préservant la biodiversité, c.-à.-d. de ne pas avoir 100% d’huile de palme, d’avoir encore d’autres variétés. De faire les choses de façon respectueuse pour la planète.

Quand vous aidez les petits, vous leur permettez de survivre, de continuer à prendre soin de leur terre mais il faut pouvoir leur expliquer les choses. Il n’y a pas que le financement, il y a toute une assistance qui est très importante.

Je citais l’exemple du Nicaragua où les gens coupaient les arbres au sommet des collines plutôt que de les laisser et puis d’avoir tous les 150 mètres une barrière de plantations de telle sorte de ralentir les eaux de pluie.
On avait eu l’idée de creuser des bassins dans les pentes des collines pour retenir l’eau.
Mais la gestion de l’eau est un problème. Et l’humus dans les forêts peut capter un volume d’eau égal à 5 fois son volume.

Il y a moyen d’éviter l’effondrement avec une bonne gestion agronomique. Si on garde les plantes on aura une meilleure gestion du sol. Les techniques existent. Il y a " comprendre " et " bien exécuter ". Forte intensité en main d’œuvre, faible intensité en chimie et machines.

Malheureusement, il n’y a pas de solution miracle mais investir dans des parts Alterfin c’est participer à un mouvement écologique et aider les petits agriculteurs de par le monde.

C’est l’ADN d’Alterfin, comme on dit !
Ce n’est qu’un début, il faut continuer le combat ! "

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