
La finance : un vrai levier de dignité ?À quel point l’inclusion financière et la microfinance sont-elles des moyens efficaces pour réduire la vulnérabilité ?
La finance : un vrai levier de dignité ?À quel point l’inclusion financière et la microfinance sont-elles des moyens efficaces pour réduire la vulnérabilité ?
À l’occasion de l’Assemblée Générale 2026 d’Alterfin, nous avons organisé un débat sur le sujet avec Lore Vandewalle, Professeure à la KULeuven, Simon Ziba et Josh Olson de VisionFund, partenaire d’Alterfin, et Caterina Giordano, Chief Impact Officer chez Alterfin.
Pour Lore Vandewalle, l’inclusion financière n’est pas une fin en soi. Et elle ne se résume pas au microcrédit: elle repose aussi sur l’épargne et la micro-assurance.
Ces outils aident les familles à gérer des revenus irréguliers, à investir progressivement et à faire face aux risques.
Mais un service financier mal pensé peut aussi avoir un effet vicieux, comme l’a illustré Josh Olson :
« Imaginez qu’un client en difficulté, pour rembourser son prêt, doive stopper la scolarité de son enfant. Dans ce cas, notre prêt n’a plus un impact positif, mais négatif. »
Pour éviter ce scénario, VisionFund soutient des groupes d’épargne, dont les membres se cotisent pour se construire une première sécurité financière. Ce n’est qu’une fois les groupes bien établis que VisionFund leur octroie des prêts.
En tant que Directeur de VisionFund Zambie, Simon Ziba voit cette formule fonctionner sur le terrain :
« Ces prêts ont un réel impact sur leurs vies et leur dignité. Pour éviter que les gens soient incapables de rembourser leur prêt s’ils tombent malades, nous avons créé une offre groupée qui comprend une assurance maladie. »
Une vulnérabilité multidimensionnelle
Cette approche prend tout son sens face à une vulnérabilité devenue plus complexe.
La pauvreté impacte désormais la santé, l’éducation, le logement, l’accès à l’eau, à l’électricité, ainsi que les biens essentiels dont les familles ont besoin pour vivre et travailler. À cela s’ajoutent les chocs climatiques, qui frappent plus durement les populations déjà vulnérables.
Lore Vandewalle a rappelé que, aujourd’hui, 1,1 milliard de personnes vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle aiguë, dont plus de la moitié sont des enfants.
Elle a également souligné que la vulnérabilité prend des formes plus brutales dans les contextes de pauvreté : pour une personne pauvre dans un pays en développement, manquer plusieurs jours de travail suffit déjà à provoquer un choc économique aux conséquences durables. Après quelques jours sans revenu, certains parents n’ont d’autre choix que de retirer leur enfant de l’école.
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La microfinance ne résoudra donc pas la pauvreté à elle seule. Mais elle peut réduire la vulnérabilité en permettant aux gens d’investir, traverser une période difficile, constituer une réserve de sécurité ou absorber un choc comme une maladie.
Comment maximiser l’impact de l’inclusion financière ? Josh Olson :
« Chez VisionFund, nous avons mis au point le Child Vulnerability Index (Indice de Vulnérabilité des Enfants), qui fournit, par zone géographique, des indicateurs d’exposition à divers risques : maladies, phénomènes climatiques et autres facteurs de pauvreté. Ensuite, on adapte nos produits d’assurance aux risques les plus fréquents dans une zone. »
Le capital pour faire bouger les lignes
Le débat s’est inscrit dans un contexte international préoccupant. Pour Lore Vandewalle, les coupes dans l’aide au développement pourraient entraîner des conséquences humaines massives : des millions de décès supplémentaires, dont de nombreux enfants.
Simon Ziba :
« Dans ce contexte difficile, des institutions comme Alterfin sont plus que jamais essentielles. Alterfin était le premier prêteur externe de VisionFund en Zambie, et son financement a permis d’attirer d’autres partenaires. »
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De son côté, Josh Olson s’est dit encouragé et inspiré :
« Rencontrer des partenaires qui font bouger les choses et apprendre les uns des autres donne du courage. La finance, pour moi, est un levier d’impact. C’est ce que nous essayons d’atteindre, en utilisant notre capital, notre temps, nos compétences et nos réseaux pour créer un changement durable dans les communautés que nous servons. »
En conclusion, Caterina Giordano a insisté sur l’importance d’agir et de s’allier, plutôt que de céder au sentiment d’impuissance :
« Dans ce contexte difficile, nous devons mieux démontrer l’impact de ce que nous faisons, travailler avec des organisations comme VisionFund, qui innovent, écoutent les gens et s’adaptent à leurs besoins, et grandir avec nos membres coopérateurs. Ensemble, ils montrent que le capital peut faire bouger les choses et améliorer la vie des gens. »
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